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Souvenir 4

Siele Azâra

14 min de lecture · 3 165 mots

70ème jour de l'Hiver, J-160 avant le retour à Clutée

– Aller debout Ylan !

Siele tambourina la porte de ma chambre, je m'enroulais un peu plus dans ma couette avec Chocolat – chose que je ne faisais jamais en temps normal. Elle perdit patience, et déboula en trombe. Calfeutré dans mon lit, je ne voyais pas son visage. Mais je l'imaginais tiré par l'agacement. Sentant la tornade arriver, Chocolat se réfugia sous le lit.

– C'est bientôt l'heure !

– Je ne sais pas... si je veux y aller finalement.

– C'est quoi ça ? explosa t-elle. Si tu ne te lèves pas, je vais me débrouiller pour que ton stage ne soit pas validé ! Crois-moi ! Si tu ne participes pas au Carnaval, ça ne sert à rien d'être venu ici !

Elle partit en claquant la porte. La déclaration fut reçue comme un électrochoc. Mon corps se mit en branle pour me préparer en un temps record. Dix minutes plus tard, j'étais dans le pick-up de Siele. Elle m’accueillit avec un sourire satisfait, et une carte recouvrant tout le tableau de bord.

– Je te laisse au milieu d'un bloco jusqu'à midi. S'il t'arrive quelque chose je ne serai pas loin, d'accord ?

J'opinai de la tête. Mon estomac se contracta bruyamment, et ce n'était pas à cause du petit-déjeuner manqué. Pour moi, le Carnaval de Jaratiba était comparable à un examen décisif, voire un champ de bataille. Et vue la mêlée et le désordre du festival, la comparaison n'était pas si exagérée.

Le Carnaval de Jaratiba était sans conteste la plus grande fête du pays, voire du monde entier. Durant une dizaine de jours, tout Jaratiba chantait, dansait et vibrait les milles rythmes instaurés par les blocos, ces défilés avec chacun une identité propre. L'événement était tellement pris au sérieux que la quasi-entierté de la ville était à l'arrêt, et que sortir de chez soi sans être déguisé était passable d'une amende. Heureusement, une perruque suffisait pour être considéré comme ''costumé''. J'en portais une mauve qui traînait dans une armoire de Siele, et qui chauffait beaucoup trop mon crâne. Elle, elle en avait une blonde, bien moins ringarde.

Même si chaque grande ville disposait de son Carnaval, Jaratiba restait le cœur de la célébration. Les touristes de tout le pays et des deux Hémisphères affluaient en masse pour participer à l’allégresse. D'ailleurs, Nasho et Torel enviaient ma chance ; ils auraient tout fait pour passer la semaine ici, mais ils avaient également débuté leur stage.

Ceci dit, il y avait également des Jaratibiens comme moi qui partaient se réfugier dans la campagne pour échapper au chaos général provoqué par tous les défilés dans chaque quartier. Et si Jaratiba n'était pas la ville la plus propre au monde, c'était encore pire durant le Carnaval.

– Tiens ! s'exclama Siele en tapotant la carte. Ils sont pour toi ceux-là : ''Je Jure Que Je Viendrais Plus Ici'' et ''Viens T'Amuser Au Lieu De Rester Assis !''.

La boutade me fit glousser nerveusement. Siele tenait à ce que je prenne part au Carnaval, et cherchait un bloco où je pourrais profiter des festivités sans me braquer totalement. Il y en avait une centaine dehors de bon matin, le choix était difficile.

Je suggérai à Siele le bloco ''Mon Tout Premier Carnaval'', mais elle me rétorqua que c'était avant tout destiné aux enfants qui pouvaient festoyer sans s'exposer aux blocos qui dépassaient les limites. Finalement, on partit sur ''Si Seulement Cette Rue Était Mienne''. L'essence du Carnaval semblait être présente, et c'était un bloco fixe contrairement à la majorité qui était en mouvement.

– Tu ne veux pas venir avec moi ? lançai-je.

– Moi ? Je suis trop vielle pour ça maintenant ! Et mon rendez-vous chez le coiffeur va durer un peu...

Oui : elle se défilait royalement tout en m'expédiant dans la fosse aux survoltés du Carnaval. Il y avait bien un ''Bloco des Seniors'' sur sa carte. Mais je disposais tout de même de suffisamment d'intelligence sociale pour me rendre compte que le mentionner à mon hôte ne serait pas nécessairement une bonne idée.

''Si Seulement Cette Rue Était Mienne'' se situait tout près de la station de métro de Palengo. D'Orizombré, le trajet durait normalement trois quarts d'heure en voiture. Et avec toutes les voies bloquées pour le Carnaval, ce fut le double. Les détours pris me permirent d'assister de loin à quelques blocos déjà en extase.

Je m'enfonçais un peu plus dans mon siège à chaque défilé qu'on croisait. Mais ma curiosité fut piquée. Se retrouver à proximité d'un bloco n'avait rien à voir avec les vidéos ou les images. Aussi, vivre l'expérience Carnaval me serait indubitablement utile pour mon stage. L'envie ténue de découvrir ça en personne cohabita avec mon appréhension toujours aussi grandissante.

– Et voilà ! Arrivés !

Ma tête cogna le plafond du pick-up en sursautant. Siele rit de bon cœur, mais ses yeux évaluèrent si je n'allais pas faire une crise cardiaque en posant le premier pied hors de la voiture. Le rétroviseur renvoyait une image défigurée de mon visage blême.

– Ça va aller, hein ?

Le ton d'inquiétude fut audible dans la voix de Siele. Elle ne riait plus du tout. La voir aussi grave me renvoya à ma propre faiblesse. J'allais dans un Carnaval, pas sur un front militaire. Je lui répondis par un oui qui se voulait confiant, et on se salua. Rendez-vous dans une heure.

Siele partie, c'était moi et le bloco ''Si Seulement Cette Rue Était Mienne''.

Que dire ? Il y avait tous les âges, toutes les ethnies, tous les styles ''carnaval''. Tout le monde frétillait, gesticulait, s'égosillait, s’abreuvait, se sustentait, se câlinait, s'embrassait, s'enflammait... moi, j'étais collé contre un mur, alerte et hermétique à tout ce tourbillon de sauvagerie. La matière synthétique de la perruque se collait à mon cuir chevelu, macéré par la sueur.

Mais l'Homme restait une espèce qui s'adaptait à son environnement. Un Jaratibien davantage vêtu que les autres vint me donner un éventail en plastique à l'effigie du logo du bloco, et en distribua aux personnes à côté. Avoir ce simple contact me sortit de ma torpeur.

Puis un autre vint vers moi pour me proposer à boire gratuitement. Normalement je ne buvais pas, un verre un peu trop corsé suffisait à me mettre au tapis. Mais là, il insista un peu trop en me criant dessus sans que je ne comprenne ses dires à cause du bruit.

Contraint, je descendis le breuvage d'une dizaine de millilitres, et cracha la moitié par terre. L'autre moitié suffit à incendier ma gorge, et à me faire tousser bruyamment sous le regard hilare du local, qui me tapa vigoureusement le dos pour me remettre sur pied.

Après quinze minutes, ma tête vacillait un peu, mais j'étais encore maître de mes capacités, suffisamment pour pouvoir décortiquer l'anatomie de ce ''bloco'' et mon propre ressenti... Et même avec le recul, il était compliqué de décrire ce que j'avais ressenti sur place. Quand bien même je n'étais pas totalement à l'aise, je me sentais touché par une sorte de béatitude contagieuse, porté par l'énergie générée par l'enthousiasme collectif.

Mon esprit analytique fut progressivement inhibé par la ferveur totale. Je levais mes bras en rythme de temps à autres avec les fêtards du bloco, chose que je ferais jamais dans un autre contexte. Par contre, je continuais de rester contre le même mur. Impossible pour moi d'aller au centre du bloco, beaucoup trop intense.

Hypnotisé par les chants et les danses qui s'enchaînaient, les rares répits offerts par le bloco survenaient lors des changements de musiques. Ce fut sur une transition que mon regard tomba sur une horloge murale dans une boutique. Midi était passé, j'étais en retour de quatre minutes pour le rendez-vous avec Siele. Pour les standards locaux, j'étais tout à fait dans les temps. Mais je tenais quand même à ne pas trop la faire tarder. Elle m'avait déjà appelé, et envoyé plusieurs messages dans la matinée.

Je dus m'extirper en urgence. Au début, ce fut par des ''pardon'' et ''s'il vous plaît''. Puis me rendant compte que personne n'entendait rien avec le vacarme produit, je me fis une raison et me faufilai maladroitement entre tous les corps possédés par la magie Carnaval.

Garée dans le parking libre le plus proche, elle fut ponctuelle. Elle retira ses lunettes de soleil et les posa sur sa perruque blonde, elle même couvrant ses cheveux tout juste lissés. Elle s'assura de ses propres yeux que j'étais encore en un seul morceau. Je lui souris et... faillis tomber à cause d'un rebord surélevé que j'avais manqué, mais je pus me rattraper au dernier instant. Soulagée, elle m'ouvrit la porte.

– Alors ?

– C'était... intéressant.

– C'est tout ?

– Oui.

– Pas d'état de transe ? Pas de drogue ? Pas de petite amie carnaval ? Ou de petit copain d'ailleurs ?

– N-Non ! Je suis juste venu pour observer, prendre des notes...

– Aller, on va manger quelque chose. T'es encore beaucoup trop maigre après tous ces jours passés ici... et ça te redonnera des couleurs après ton trauma du Carnaval !

Elle m'invita à rentrer et fermer la porte. Sortir de Palengo fut une véritable épreuve. Outre le nombre important de blocos, la Rampe du Carnaval n'était également pas très loin, vers Nesdoado. Les meilleurs groupes pouvaient s'y produire pour disputer titres et récompenses honorifiques. Les trois hélicoptères en survol étaient signe du cran supérieur d'animation dans la Rampe.

Entravés dans les embouteillages, Siele me fit la discussion pour obtenir les détails sur ma première expérience du Carnaval. Je lui restituais aussi fidèlement que possible ce que j'avais vu et vécu en omettant quand même certains détails, puis je fus coupé par un appel. Siele décrocha, c'était son fils unique.

Je voulais lui laisser un peu d'intimité, mais impossible de ne pas pouvoir écouter ce qui se disait. Son fils habitait dans une ville de taille moyenne d'Alakoas, à Mizâé. Il était marié, ancien étudiant en droit reconverti en garagiste faute de débouchés, et attendait dans une trentaine de jours son deuxième fils. Le premier avait trois printemps, et il était déjà le ''garçon le plus choupi du monde'' selon sa grand-mère.

– Tout le monde va bien ? demandai-je, l'appel fini.

– Oui... Juste le petit qui a de la fièvre. Ses parents doivent se rendre à l'hôpital pour le suivi de la grossesse, je vais donc partir à Mizâé semaine prochaine pour le garder, ça irait pour toi ?

– Bien sûr. Je vais en profiter pour faire des visites d'appartements.

– Tu as pu en décrocher ?

– Rien encore de confirmé, mais ça se précise.

– Ok. S'ils ont besoin d'un garant, n'hésite pas à donner mon nom.

– Sé... Sérieusement ?

– Bah oui ! Fais pas le gêné ! Je suis un peu triste que tu me lâches... Mais les enfants finissent toujours par quitter le nid.

Je me confondis en excuses et en remerciements, Siele balaya tout ça d'un revers de main, et me rassura en disant que ses trois Meligri seraient toujours présents. Elle savait que si j'aurais pu rester à Orizombré avec elle, je l'aurais fait avec plaisir. Aussi, je savais qu'elle exagérait un peu en parlant de tristesse, quoique... Elle avait remis ses lunettes de soleil sur son visage, donc j'avais du mal à décoder son ressenti réel.

On en avait discuté un peu ces derniers jours déjà. Les temps de transport impactaient ma productivité au travail, je comptais donc trouver un pied à terre plus proche de Cœur-Ville que je pourrais payer avec ma bourse au mérite et mon indemnité de stage. Siele m'avait conseillé quelques agences et sites de logement pour me soutenir, mais elle ne m'avait pas dit jusqu'à maintenant qu'elle était prête à se porter garante. Je lui devais beaucoup.

– Aller ! Bientôt arrivés ! s'exclama t-elle.

Bientôt voulait dire ici ''une heure''. Le soleil était déjà sur le déclin, il était quatre heures passées. Mais passé Ladoré, la circulation devint plus fluide. On croisait toujours ci et là quelques personnes célébrant le Carnaval, mais on avait déjà dépassé le gros de la fête. Et une fois arrivés à la plage d'Orizombré, je pris une grande inspiration en posant le premier pied par terre.

Siele m'invita dans une petite échoppe-restaurant qui proposait des grosses portions de légumes et poissons à partager. Elle commanda également deux noix de coco : le propriétaire s'empara d'une machette et coupa le bout des deux fruits. Il n'y avait plus qu'à boire directement dans la coque. Original !

Assis sur une terrasse faisant face à la mer et au coucher de soleil, on attendit l'arrivée des plats en papotant. La télévision murale était branchée Soleil Açaí, la première chaîne du pays. Elle retransmettait des images aériennes d'Apinema et Marivela. L'agglutination de blocos formait une masse colorées de monde d'où jaillissaient cris de joie, chars, et pétards. L'hélicoptère aperçue plus tôt au-dessus de la Rampe du Carnaval devait appartenir à Soleil Açaí.

– Tu peux retirer ta perruque, glissa Siele. Personne ne te dira rien ici.

Elle n'eût pas à le dire deux fois. Elle en fit de même avec la sienne, dévoilant ainsi ses cheveux nouvellement entretenues. Les premières assiettes arrivèrent au même moment. Je faillis pleurer de joie avec la première bouchée : enfin la récompense.

La nourriture et le calme de la plage m'aidèrent à avoir les idées plus claires. Il y avait aussi du bon avec cette expérience. Prise avec le recul, elle me serait utile sur le plan académique... Et ça me ferait une anecdote à raconter à Nasho et Torel.

– Merci de m'avoir sorti du lit... et de m'avoir ramené jusqu'au bloco. Je n'aurais sûrement pas pris l'initiative si j'avais été seul.

– Pas de soucis. Je savais que tu le regretterais si tu ne l'avais pas fait.

Elle marqua un point.

– Par contre, je ne savais pas si moi j'allais le regretter de t'avoir forcé la main pour y aller. Tu m'as vraiment fait peur ce matin avant de sortir !

Elle marqua un deuxième point. Je compris mieux la salve de messages reçue ce matin.

– Et puis, c'est la première fois que je tombe sur un bonhomme aussi stressé par le scolaire. Quand je parlais d'annuler ton stage, je ne pensais pas que ça te ferait lever aussi vit ! Qu'est-ce qu'ils te font à l'Université ?

Décidément... Elle marqua un troisième point.

Je lui répondis qu'il n'y avait rien de spécial. Le scolaire fut avant tout un moyen de s'assurer un avenir stable, tout en ouvrant un maximum de possibilités pour le futur. C'était pour ça que c'était aussi primordial pour moi, et que je ne pouvais pas me permettre un échec.

Je vis à son regard vitreux qu'elle était elle-même plongée dans ses réflexions face à mes paroles, mais elle hocha la tête tout en s'emparant d'une tomate enroulée d'une feuille locale qui devait servir de salade.

– Alors ?

– C'est vraiment bon !

Hormis un simili de bloco en marge de la plage, l'endroit était tranquille. Tout le monde avait un petit accessoire pour la forme, mais on restait loin du tumulte du Carnaval. Avec le coucher de soleil au loin, ce fut parfait pour récupérer après cette demie-journée.

– Tu gardes quel souvenir de Clutée ?

Elle posa ses couverts sur la table, et se massa les paupières.

– Clutée fut une vraie bouffée d'air frais. Auparavant, Jaratiba fut beaucoup plus fermée d'esprit. Je le vois au niveau du Carnaval, il était avant surveillé de près par la police qui embarquait les blocos qui n'étaient pas de leur goût. Même si à Clutée vous êtes parfois un peu psychorigides, vous savez vivre, et vous décidez pour vous-même. C'est un peu moins vrai à Jaratiba, mais je trouve que Clutée reste encore avancée sur ce point.

Sentant avoir mis le doigt sur un sujet qui lui était cher, je la laissais parler.

– Je suis encore reconnaissante aujourd'hui pour tout ce temps passé à Clutée, et pour ceux que j'ai croisés sur mon chemin. C'est aussi grâce à eux que j'ai un si bon souvenir de mon séjour là-bas.

Comme elle marqua une pause, j'en profitai pour rebondir :

– C'est pour ça que tu as accepté de m'héberger sans me connaître ?

– Un peu oui ! Et je savais qu'un jeune Clutéen sortant de sa Cité allait forcément être déboussolé en débarquant à Jaratiba.

On rit en cœur. Puis elle fixa la mer. Bercée dans la nostalgie, son regard se perdit dans le va et vient des vagues auréolé par le crépuscule. Clutée était juste là, à l'autre bout de la Merridiane. Je fus aussi pris d'un brin de mal du pays.

– Clutée reste aussi précieux pour moi car ce fut mon seul voyage autorisé par mes parents, avant un mariage arrangé.

La confession me prit de cours. Siele m'avait déjà confié qu'elle était divorcé avec le père de son enfant, et que ce dernier était décédé il y a trois ans à cause de problèmes de santé à cause du tabac. Mais je n'avais jamais osé creuser ce sujet avec elle.

– Je suis désolé.

– Bah, c'était une autre époque.

Je me retrouvais démuni de parole intelligente. Qu'est ce que j'étais censé dire ? Aucune réponse ne sonnait pertinente après cette révélation. Pour Clutée, le mariage arrangé était une aberration totale. La première monarche Votre Dévouée fut elle-même farouchement opposée aux différents prétendants qu'on lui soumettait pour des raisons politiques, préférant suivre son cœur, alors qu'une union calculée aurait sauvegardé le futur de la fragile Clutée de l'époque. Ce choix de sentiment sur la raison fut l'une des raisons pour lesquelles les Clutéens étaient perçus comme des grands romantiques.

– J'aurais jamais imaginé que tu ais vécu... ça.

– Je l'ai pleinement accepté. Et est-ce que je regrette ? Pas le moins du monde. Grâce à lui, je suis une mère et grand-mère comblée. Le mariage et le divorce ont été compliquées, mais je suis heureuse aujourd'hui. Si tout était à refaire, je le referais sans réfléchir.

Un silence flotta après sa déclaration. Sur son visage, un voile amer restait perceptible. Mais ses traits et son corps étaient détendus, et son sourire, apaisé. Elle pensait ce qu'elle disait, elle avait fait la paix avec son passé.

Je voulus enchaîner sur quelque chose d'autre, mais je fus coupé malgré moi par un bâillement incontrôlé. Je le cachais autant que possible derrière ma main, mais ça n'échappa pas à Siele.

– Fatigué ?

– Non ! Pardon pour ça.

– Pas de stress. Je suis sûr que tu n'as pas dormi et que tu as stressé toute la nuit avec le Carnaval.

Elle marqua un quatrième point, pour la route.

– Rentrons à la maison Ylan. Tu as dû manquer à Chocolat.

Après un hochement de tête, je lui emboîtai le pas. On quitta la plage d'Orizombré.

Des souvenirs avec Siele, j'en eus d'autres durant mon séjour à Jaratiba. Même après avoir déménagé, on continua de se voir. Et de manière assez surprenante, elle fut impliquée indirectement dans ma quête pour trouver p.

Mais avant toute chose, Siele restait celle grâce à qui j'avais pu me rendre sur place pour faire le stage. Si elle n'avait pas été là pour m'héberger et me soutenir avant mon arrivée et sur les premiers jours, mon expérience d'Açaí aurait été toute autre.

Oui. Je devais beaucoup à ma ''maman Açaí''

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