9ème Abordage
Nouvelle zone débloquée
18ème jour du Printemps, J-124 avant le retour à La Clutée
Ayant commencé à aborder à la Place des Manguiers et après avoir fait quelques essais au Parc Eliga, la logique voulait que je continue de chercher dans d'autres endroits où les abordages étaient réalisables.
Et il se trouvait qu'il y avait un endroit tout trouvé : le Cœur-Ville. Le quartier où je faisais mon stage. Le quartier était rempli de personnes qui partaient au travail le matin, et qui en rentraient le soir.
Chaque jour, la plupart des abordages potentiels que je ratais se trouvait ici au Cœur-Ville. Outre la peur classique d'aborder dont je n'arrivais pas à me débarrasser, j'avais un autre blocage beaucoup plus terre à terre : la peur d'être surpris en plein abordage par un collègue.
Entre la bouche du métro du Cœur-Ville et mon centre de recherches, il y avait cinq minutes de marche. La question se posait donc légitimement : et si je me faisais prendre par quelqu'un de l'IEPA ? Voire pire, par mon chef ? J'avais déjà croisé quelques fois des personnes de mon stage. En croiser une en pleine tentative d'abordage n'était donc pas exclu.
Mais un matin en sortant du métro de Cœur-Ville, je tombais sur une fille mignonne. Elle avait un sac à main qui faisait un peu bling-bling, mais elle était habillée assez simplement pour le reste : un jean blanc et un débardeur noir.
Attendant de sortir du métro, et ayant bien vérifié qu'il n'y avait personne que je connaissais dans les parages, je me résolus à franchir le pas.
– Salut, excuse-moi.
– Oui ?
– Je t'ai vu dans le métro, et j'ai adoré ton style avec ton sac.
– Merci, c'est gentil.
– Tu es étudiante aussi j'imagine.
– Oui je suis en droit et toi ?
– Là je suis en stage. Mais je suis en sciences sociales à La Clutée.
– Oh d'accord ! Je dois y aller par contre, je suis en retard.
– Ok, j'y vais aussi. Mais on peut s'échanger nos numéros si tu veux.
– Ok. accepta t-elle.
Je saisis son numéro en tremblant légèrement. Elle était si mignonne que je ne voulais pas rater mon coup.
– Je ne t'ai même pas demandé, mais tu t'appelles comment ?
– Lorena
– D'accord Lorena, Ylan, enchanté.
– Enchanté, et bonne journée !
– Salut.
J'étais content, très content. Elle était vraiment mignonne, et juste un peu de courage avait suffi à prendre son numéro ! J'avais compris depuis la dernière fois qu'avoir un numéro ne voulait pas dire grand chose en soit. Mais j'étais quand même content de l'avoir récupéré.
Après l'échec du précédent abordage par message, il était temps de se rattraper sur celui-ci.
Ylan
Salut Lorena, c'est Ylan du métro
Ylan
Si j'ai besoin d'une avocate, je te contacterais.
J'étais fier de ma petite blague.
Un peu moins, quand je vis qu'elle resta non-lue.
Leçons du jour :
– Améliorer son humour.
– Améliorer également ma manière de reprendre contact
– Apprendre à surpasser ses blocages : aucun lieu n'empêche fondamentalement d'aborder.