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Spoilers du wiki

10ème Abordage

Embuscade involontaire

3 min de lecture · 723 mots

ème jour du Printemps, J-XYZ avant le retour à Clutée

Hé ! Déjà le dixième abordage ?

Déjà le dixième oui ! Du chemin a été parcouru !

Bon, j'ai eu besoin de temps pour le faire ce dixième abordage. Alors oui, j'ai eu plusieurs occasions manquées où je me dégonflais pour X ou Y raison... Mais il y avait une autre raison pour laquelle je prenais autant de temps pour franchir ce cap des dix abordages : je m'étais imposé un petit défi.

Même si le dernier abordage fut un échec, j'étais content d'avoir pu parler à quelqu'un dans un lieu où je ne l'avais pas fait avant. C'était rafraîchissant. Et comme j'avais toujours pour mission de déterminer p le succès d'obtenir un numéro à Jaratiba, répéter l'expérience dans plusieurs endroits était une bonne façon d'approcher d'un résultat plus objectif.

Ainsi, je voulais donc que le dixième abordage ait également lieu dans un nouvel endroit à Jaratiba, qu'il s'agisse d'une nouvelle petite avancée. Et après le Parc Eliga, la Place des Manguiers, et Cœur-Ville, j'avais une autre idée.

Si je ne passais pas par le Parc Eliga, il y avait un autre chemin un peu plus long pour remonter jusqu'à la maison en collocation. C'était une rue qui prenait un bon détour, et doublait le temps de trajet. Mais elle était située à plusieurs embranchements et magasins, donc il y avait du monde.

Et c'était également le passage où j'avais rencontré Mataio Lunalilo quelques jours auparavant, mais... hé ! Lui ce n'était pas un abordage hein ! Même si je l'avais arrêté en pleine rue, ça ne comptait pas !

Mais si j'avais fait une belle rencontre sur cette rue, peut-être que je pouvais en faire une autre ? N'est-ce pas ? Ce fut avec tous ces arguments favorables que je m'engageai sur ce long détour, en espérant qu'il en valait le coup.

Dix minutes plus tard, je tournai vers la droite. Le chemin pour rentrer continuait sur une montée. Et ce fut justement là que je vis une fille de profil bien habillée. Elle portait un chemisier blanc avec un short en jeans bleu et un sac à main. Cheveux noirs plutôt longs, elle avait l'air un peu fatiguée. Sûrement le travail.

Comme elle prenait le même chemin que moi et qu'elle était juste devant, je me dis que les conditions étaient remplies pour réaliser ce dixième abordage. Là, je ne pouvais pas me débiner. Pas maintenant !

Ceci dit, elle marchait à un rythme assez soutenu, légèrement plus rapide que le mien. Je dus me calquer sur sa démarche, et accélérer moi-même un peu plus. Je n'étais pas habitué à ce rythme, mais ça me ferait un peu de sport.

Peut-être même un peu trop. Lorsque je fus à quelques mètres d'elle, j'étais déjà un peu essoufflé. La montée y était pour quelque chose, mais j'étais engagé. Je n’eus qu'à sprinter un peu sur la fin, et à me tourner vers elle :

– Salut !

– Aaaaah ! sursauta t-elle.

– Euh désolé, euh...

Je n'eus pas à finir ma phrase. La fille était déjà en train de s'enfuir en marchant rapidement, presque en courant même. Elle se tourna à plusieurs reprises pour s'assurer que je ne la suivais pas, mais il n'y avait aucun risque à cela. Mes jambes s'arrêtèrent aussitôt, et je reprenais bruyamment mon souffle après ce qui ressemblait – je devais le reconnaître – malheureusement à une vraie course-poursuite. Elle avait dû me voir apparaître subitement, d'où le sursaut que je lui avais causé. En réalisant ça, mon ventre se noua, je me couvris le visage de honte.

Au moins, personne n'avait vu la scène... Enfin, je crois. Aussitôt le doute formulé, mon regard croisa celui d'une vielle dame dans un appartement adjacent qui avait la fenêtre ouverte au troisième étage, et qui me dévisageait étrangement.

J'étais mort de honte. Face à ce échec, je fis demi-tour et regagnai mes pas. J'allais rentrer chez moi en reprenant toute la route en sens inverse pour regagner le Parc Jaratiba. Tant pis si ça prendrait du temps, ce qui me restait d'honneur serait au moins encore sauf.

Sur le chemin du retour, je repensais à l'expression horrifiée de la fille.

– Qu'est-ce que j'ai fait...


Leçons du jour :

– Tout faire pour ne pas arriver par derrière avant de démarrer une interaction. Ça peut vraiment effrayer la personne.

– S'assurer d'être bien visible avant de prononcer le moindre mot.

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