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Spoilers du wiki

5ème Abordage

Tu peux m'appeler monsieur le professeur

3 min de lecture · 763 mots

13ème jour du Printemps, J-127 avant le retour à Clutée

Après cette rencontre inopinée avec Mataio, j'étais de retour quelques jours plus tard au parc Eliga. Malgré les deux abordages sans suite déjà réalisés, j'étais résolu à approcher de nouveau. À chacun de mes chemins retour, je scrutais avec attention – beaucoup trop peut-être – les différentes parties du parc pour voir si une occasion se présentait.

En y pensant, je n'avais jamais pris le temps de présenter la population du parc Eliga dans mes précédents rapports. Sur mon premier abordage, le parc était plutôt vide comme le carnaval avait lieu en même temps. Sur le second, j'étais resté sur le souvenir de l'abordage de Maitê sur le carré d'herbe magique, puis je m'étais concentré sur la fille au calepin.

Pour présenter rapidement la population du parc Eliga vers 17h00, la partie basse était occupée par les familles et les seniors avec des enfants. Ces derniers disposaient d'un terrain de jeu avec balançoire et toboggan. À mi-parcours de la montée, les étendues de pelouse et les alentours du lac étaient prisées par les groupes d'amis. La majorité d'entre eux faisaient des pique-niques à cette heure-là. Et finalement, plus on montait, plus il s'agissait de personnes seules, ou de couples, ou de très petits groupes. Le haut du parc était moins éclairé, plus naturel, ce qui expliquait en partie pourquoi il était aussi calme. Et c'était d'ailleurs en haut du parc que j'avais fait la rencontre de Maitê et Zara.

Je m'attendais donc à trouver une troisième fille au parc Eliga en haut du parc. Mais quelqu'un sortit des cases que j'avais fixé : une sportive. Portant un ensemble moulant, elle faisait de la corde à sauter avec un casque vissé à la tête entre la partie basse et moyenne du parc. Chose plus rare, elle avait les yeux verts, la peau mate, et les cheveux bruns et blonds. De toutes les filles que je m'apprêtais à aborder, elle était la plus belle.

J'étais déjà en mouvement. Mais comme elle était vraiment belle et que je ne voulais pas risquer un râteau devant les enfants du terrain de jeu et les bandes d'amis assis sur la pelouse, je me décidai sur une approche indirecte, comme celle que j'avais fait pour la toute première fois.

– Excuse-moi. Je suis nouveau à Jaratiba, et je cherche mon chemin pour le Palais d'Alakoas. Tu saurais où il se trouve ?

Oui. C'était la même technique que j'avais utilisé pour le premier abordage.

– Oui, mais... il faut que tu sortes du parc. Il faudra marcher un peu, mais le Palais est à l'opposé.

– D'accord, merci ! Tu fais ton cardio là ?

Oui. Comme la première fois, je rebondissais sur quelque chose de contextuel.

– Oui. Je déteste ce jour-là...

– T'as l'air de bien te débrouiller pourtant.

– Merci. Répondit-elle, tout sourire. Tu es conférencier ?

– Conférencier ? demandai-je.

– Oui. Il y a beaucoup de conférences organisées au Palais d'Alakoas. Et comme tu as le look d'un professeur, je me posais la question.

Lançant un regard sur mon propre ''look'', je compris ce qu'elle voulait dire. Les baskets, le pantalon, la chemise à rayures et le sac à dos me donnaient l'air d'être un jeune enseignant tout diplômé.

– Je suis pas professeur, mais pas encore. Tu peux m'appeler monsieur le professeur.

– Qu'est-ce que tu vas faire là-bas alors ?

Ah. J'allais devoir imaginer quelque chose. Vite

– Je vais rejoindre un ami. Il m'a dit de me rendre un Palais pour faire une surprise... Mais il m'a dit qu'il habitait en haut du Parc Eliga. Je vais donc le chercher, et repartir ensuite au Palais.

– Ok, je vois.

J'étais content de ma petite pirouette rhétorique. J'étais persuadé pour une raison ou une autre que le Palais était situé au-dessus du Parc Eliga, un peu plus loin que ma maison. Et comme je rentrais chez moi, si elle me voyait monter alors que je lui avais dit que j'allais au Palais... Elle aurait compris que quelque chose clochait.

Heureusement, l'excuse de l'ami est et reste une excuse passe-partout.

– L'heure tourne, je vais aller le rejoindre... Mais si tu veux on peut garder contact.

– Désolé, j'ai un copain...

– Pas de soucis, je comprends... Merci pour la direction, et bon sport !

– Merci !

Je continuai mon chemin. Évidemment, une fille aussi belle et sympa avait forcément déjà quelqu'un dans son cœur.


Leçons du jour :

– Dans ce cas, il aurait été peut-être plus judicieux de commencer directement par une remarque contextuelle sur le sport.

– Il y avait possibilité d'aller plus loin dans le rôle du professeur pour créer un petit jeu avec la fille, à creuser !

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