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Chapitre 7

Tâches de sang

13 min de lecture · 3 088 mots

– Que dis-tu ? Demanda Nakti, avec une pointe de colère perceptible dans la voix.

– Sh... Sh... SHI ET ITTY SONT MORTS ! Répéta l'homme en beuglant.

Shi et Itty, les gardiens du premier relais, étaient morts. La nouvelle était tombée comme un couperet.

Évidemment, tout le monde s'attendait à ce qu'il y ait des morts durant l'expédition. Les Monts Palkalluesham étaient des lieux dangereux, et ce n'était pas qu'une simple réputation.

Mais deux morts alors que ce n'était que leur deuxième nuit dans les Monts, c'était difficilement croyable. D'autant plus que Shi et Itty n'étaient pas les Telifan les plus vulnérables de la Cohorte, c'étaient tout de même deux Solides qui avaient passé une grande partie de leur vie dans les Monts.

– Où sont les autres ? Demanda Nakti, au bout d'un certain temps.

– Oui ! Se rappela l'homme. Suivez-moi.

Ils arrivèrent vite à un petit groupe de Telifan. La nuit étant plutôt avancée, il n'y avait pas tout le monde, la plupart des Telifan dormaient. Dans les personnes présentes, le petit groupe reconnut Dunkel, le bras droit du Chef, qui tentait de calmer tout le monde en attendant le retour du Chef qui était parti inspecter le lieu où se trouvaient les cadavres, la femme du Chef, Olna, qui semblait toujours ailleurs, et La Torche. Celui-ci lança un regard en leur direction, mais regarda directement ailleurs quand ils tournèrent leurs têtes vers lui.

Nakti quitta le groupe de Duhei et Altreyu pour rejoindre sa mère. Celle-ci afficha un sourire quand elle le vit, et lui expliqua avec ses propres mots la situation.

– Donc le Chef et Fuuki sont partis inspecter les cadavres ? Demanda Nakti.

– C'est bien ça. Ils sont partis depuis un certain temps déjà, ils devraient bientôt revenir.

– Bien...

– Nakti, tu ne me présentes pas aux personnes qui t'accompagnent ?

– Ah oui, j'oubliais. J'ai passé un bout de la soirée avec eux. Répondit-il. De gauche à droite, il y a Lussy, Lein, Altreyu, Duhei, Onid et Koh. Vous tous, voici ma mère Olna. Vous devez déjà tous la connaître, mais...

– Il y a connaître et connaître Nakti. coupa Olna. Ravie de faire votre connaissance à tous.

– N-nous aussi, enchantés. Répondit timidement Duhei.

– Quelle beauté... marmonna Erlito.

– Tu as dis quelque chose ? Demanda avec innocence Koh.

– Chuuuut...

– Tu es donc Lein la fille de Manke ? Demanda Olna.

– C'est bien moi. Répondit Lein.

– Barteom m'a beaucoup parlé de ton père, l'homme qui avait eu le plus de chances à venir à bout des Monts... et de toi aussi. Tu tenais vraiment à rejoindre cette expédition pour retrouver ton père n'est-ce pas ?

– Oui, et je tiens toujours à tout faire pour le retrouver. Rétorqua t-elle.

– Oui, on m'a dit ça. J'admire ta détermination Lein. Malgré ce que la plupart des personnes peuvent penser, tu crois encore que ton père est vivant, quelque part... D'autant plus le Chef n'était pas d'accord avec ta venue. Tu étais consciente de cela ? Demanda t-elle d'un ton neutre.

– Je... Je ne veux pas qu'on me protège comme une petite fille, et qu'on décide pour moi. Je peux me débrouiller seule !

Olna rit doucement. Son rire était cristallin, mais une certaine forme de tristesse en ressortait.

– Je te comprends Lein, j'étais pareille à l'époque : une fille très rebelle... Mais d'un autre côté, nous avons tous des obligations à respecter. Comprend le Chef Lein. Tu es la fille de son meilleur ami, la seule chose qu'il reste de lui. Tu es comme sa fille Lein, comme notre fille.

Lein chercha quelque chose à répondre à ça, mais Olna reprit la parole.

– Le revoilà...

Le Chef était en train d'arriver. Il semblait fortement contrarié, et légèrement fatigué. A ses côtés, il y avait Fuuki son aîné. Celui-ci était plus jeune que Lussy, et plus vieux que Duhei, Altreyu, et les autres.

– Qu'est-ce qu'ils tiennent de chaque côté... se demanda Onid.

– De quoi tu parles ? Questionna Duhei.

Onid pointa son doigt vers une forme qui se situait entre les deux hommes. Avec le noir, ils avaient du mal à voir le Chef et Fuuki, et encore plus la masse informe qui se mouvait avec eux. Mais à mesure qu'ils s'approchèrent, une troisième silhouette se découpa dans la pénombre. Celle-ci appartenait à un petit homme. Cette silhouette, le groupe de Duhei et Altreyu l'avaient déjà vu aujourd'hui.

– Mais oui, Toklos ! S'exclama Altreyu.

– Mais ça veut dire que... commença à dire Onid.

Duhei, Altreyu, Koh, Lein et Onid comprirent tous pourquoi Toklos était traîné par le Chef et son fils. Avant que la Cohorte n'arriva au deuxième relais, Toklos avait la ferme intention de venger Silam, qui avait été attaqué par les gardiens du premier relais. Toklos devait donc être l'homme qui...

– Attendons qu'ils arrivent avant de dire quoi que ce soit. Dit Duhei en fixant les trois hommes qui étaient de plus en plus proches.

Les quelques Telifan autour d'eux n'étaient pas de son avis. Ils chuchotèrent entre eux, et tirèrent hâtivement des conclusions de la venue de Toklos encadré par le Chef et Fuuki. Le vieil homme ne dégageait plus du tout cette aura si meurtrière qu'il avait dans la journée, ce qui faisait de lui un tout autre homme. Ils se turent immédiatement quand ils furent assez proches pour les entendre. Le Chef força Toklos à se mettre à genoux, et dit d'une voix qui avait encore toute son énergie malgré la fin de la journée.

– Vous le savez tous ici. Shi et Itty, les gardiens du premier relais que nous avons recruté à notre expédition ont été retrouvés morts par la Torche. On ne sait pas comment ils sont morts, ils ont été retrouvés sans vie en contrebas d'une falaise.

Le Chef marqua une pause. Le silence fut d'autant plus lourd qu'ils avaient maintenant la confirmation de la perte de deux Telifan dans leurs rangs alors qu'ils n'étaient qu'au deuxième relais.

– Je suis allé avec mon fils voir la falaise où ils se trouvent actuellement, continua t-il, et il n'y a aucun indice qui pourrait nous indiquer comment ils ont réellement perdu la vie.

Silence, une nouvelle fois. Il laissa le temps à tout le monde de bien appréhender l'information pour enchaîner avec la suivante.

– Mais près du lieu où Shi et Itty seraient possiblement tombés, nous avons trouvé Toklos, qui était armé et prêt à combattre,

– Et qui avait une raison de les tuer ! Il voulait les tuer quand il a vu Silam par terre !

La voix venait de l'arrière de la foule. Elle venait plus précisément de Peuxi, qui semblait avoir dit ça sous le coup du stress. Il voulut se cacha des autres en plaçant ses mains devant lui, mais il n'en évita pas pour autant le regard de reproche de quelques Telifan dans l'assemblée.

– … Bien. Reprit Le Chef après l'aveu de Peuxi. Toklos, qu'as tu à dire pour ta défense ?

– Je les ai tués...

– Qu'est-ce que... commença Duhei.

– … c'est ce que j'aurais aimé dire, mais je ne suis pas celui qui est responsable de leur mort.

– Ce n'est pas le moment de jouer Toklos ! Tiens tu tant que ça à être condamné ? Lâcha un homme au beau milieu de la foule.

– Je ne joue pas. Je devais tuer ces monstres pour venger Silam.

– Toklos, espèce de vieux fou ! lança un Telifan.

– Du calme ! Tonna Dunkel ; le conseiller du Chef. Tout d'abord, le problème n'est pas le meurtre en lui-même. Un Telifan peut en tuer un autre s'il a des raisons justes de le faire, et si ce meurtre est autorisé par le Chef.

Dunkel venait d'invoquer là une loi fondamentale de la Tribu des Telifan. Un meurtre devait être motivé par une bonne cause et être approuvé par le Chef lui-même. Cette loi permettait de mettre un peu d'ordre dans la Tribu où le plus fort était roi. A CONFIRMER

– C'est le fait qu'il n'y ait eu ni motif énoncé ni annonce au Chef qui pose problème. Continua Dunkel. Et même si Toklos dit avoir voulu tuer Shi et Itty, rien ne nous prouve qu'il mente, ou qu'il dise la vérité d'ailleurs. Donc Toklos, pourquoi vouloir venger Silam ?

Dans un premier temps, Toklos ne dit rien. Il fixait le sol, perdu dans ses pensées. Mais il fit finalement bouger ses lèvres pour dire :

– Il y a... une certaine histoire entre ces trois là.

– Quelle histoire ? Demanda Dunkel, dont la curiosité fut piquée.

– Une histoire qui vous marque à vie. Cracha t-il.

– Raconte là. Dit le Chef, d'un ton sans appel.

– Bien. Mais je vous préviens, si cette histoire peut paraître horrible, le fait qu'elle se soit réellement passée et qu'elle ait touché une personne que nous connaissions l'est encore plus.


– Un mot à quelqu'un dans la Tribu... et tu es morte !

Elle reçut une baffe de Shi, puis un coup de Itty. Les deux hommes étaient rentrés des Monts Palkalluesham pour faire leur rapport au Chef, et ils venaient d'en profiter pour faire des choses qu'ils ne pouvaient pas faire là-bas. Il y n'y avait personne dans les Monts. Shi et Itty n'étaient que deux à plusieurs lieux du Grand Feu. Même si les deux s'appréciaient énormément et arrivaient à tromper leur manque, ils restaient tout de même des prédateurs, de très bons prédateurs.

Et en tant qu'excellents prédateurs, ils avaient vite trouvé une proie, sans défense, et de qualité. Aussitôt repérée, ils s'en étaient emparé. Après tout, que pouvait-elle faire face à deux bêtes endurcies par les Monts ?

Elle se débattait, elle criait, elle pleurait, il n'y avait rien à faire. Shi et Itty opéraient, et rien ne pouvait leur en empêcher. Il n'y avait personne aux alentours, et peu de Telifan seraient en capacité de les combattre tous les deux en même temps. Si il n'y avait pas d'obstacles externes, il y aurait pu avoir leur conscience qui les ferait hésiter, voire renoncer à leur acte, mais c'était peine perdue. Shi et Itty avaient perdu leur conscience dès le moment où ils avaient accepté de pourvoir ce poste de gardien du premier relais. A la place, ils s'étaient soumis à la loi des Monts : tout faire pour passer sa survie et son bien-être avant tout, et ça demandait l'usage de la violence. Et cet usage abusif de la violence les a fait peu à peu perdre la raison au point tel où ils répondent maintenant plus à leurs pulsions qu'à leur réflexion.

Une fois fini, ils partirent en direction du Grand Feu, laissant derrière eux un être totalement détruit. En plus de l'avoir violenté physiquement et psychologiquement, ils lui avaient laissé une trace indélébile de leur retour au Grand Feu. Quand elle le remarqua, c'était trop tard, Shi et Itty étaient déjà rentrés dans le premier relais. Elle aurait pu revenir au Grand Feu et révéler aux autres ce qu'elle a subi. Mais est-ce qu'on la croirait ? Est-ce qu'on lui accorderait même un minimum d'importance ? Et est-ce que certains pourraient lui reprocher de s'être aventuré seule loin du Grand Feu ? Toutes ces questions la tiraillaient, la déchiraient, et renforçaient sa douleur.

Elle aurait pu mettre fin à tout ça en mettant fin à sa vie. Et ce n'étaient pas les moyens qui manquaient. Elle aurait pu fermer les yeux pour attendre que ça se termine, se laisser périr en arrêtant de manger et de boire, ou bien sauter du haut d'une des nombreuses falaises de l'Enclave. Mais quelque chose l'en empêchait ; la trace indélébile. Cette trace indélébile qui était en elle était le fil qui la retenait à la vie, paradoxalement. La sentir évoluer et se développer en elle lui interdisait de mourir maintenant.

Elle décida donc de survivre pour cette trace. Elle partit se réfugier dans l'une des nombreuses cavernes qui jonchaient l'Enclave pour éviter les saisons froides et les Telifan, se nourrissait de plantes et d'insectes, et allait au fond de la caverne où se trouvait un petit ruisseau pour boire. Parfois, elle se permettait la nuit de sortir un peu de sa caverne pour admirer le ciel étoilé la nuit. Ces moments lui permettaient de réfléchir. Si ce qu'elle avait dans le ventre lui provoquait maux de têtes et vomissements, et s'ajoutaient à la douleur qu'elle éprouvait depuis le jour où sa vie a basculé, elle en retirait également une once d'espoir. Elle espérait qu'une fois que le moment serait venu pour elle de partir et pour lui de venir, il aurait une vie meilleure que la sienne.

Une saison passa. La vie en elle commençait à gagner de l'énergie avec le temps au même rythme où elle en perdait. Elle ne pensait plus qu'à la trace indélébile, sa trace indélébile. Elle lui avait même trouvé un nom, qu'elle gardait pour elle. C'était actuellement l'être avec lequel elle était le plus proche, elle n'a d'ailleurs jamais été autant en symbiose avec un être. Et si elle attendait avant le moment où il verrait le jour pour périr, elle l'attendait maintenant pour le voir vivant.

Mais une durant une nuit où elle admirait les étoiles, quelqu'un la vit. Elle ne le remarqua même pas. Elle était tellement focalisée sur sa trace qu'elle en avait oublié d'être vigilante. A moins qu'elle voulait quand même au plus profond d'elle être sauvée ? L'homme qui s'approchait d'elle n'était plus tout jeune. Même si il était petit, il respirait la force. Elle en était sûre ; elle le connaissait, et il la connaissait.

– Mais tu es...

Elle acquiesça. Il lui demanda ce qu'elle faisait ici dans un tel état. Après un instant d'hésitation, elle lui répondit, et lui dit tout, tout. L'homme écouta, patiemment. Il connaissait ses bourreaux, et il lui confirma la nature de ce qui l'habitait, même si elle en était déjà sûre. L'homme s'emporta, promit de la venger en tuant ceux qui lui avaient fait du mal, et il lui proposa de venir chez lui pour s'occuper d'eux. Mais elle refusa la vengeance et l'hospitalité que lui proposait l'homme. Tout ce qui comptait pour elle, c'était maintenant l'être qu'elle avait dans le ventre. L'homme lui dit qu'elle était folle, et elle ne chercha pas à le contredire. Qui pouvait être sain d'esprit après tout ce qu'elle avait vécu ? Elle accepta néanmoins de recevoir la visite de l'homme de temps à autres, afin qu'elle l'aide au moment venu.

Une autre saison passa. Elle sentait que le moment était proche. L'homme, comme il l'avait dit, lui rendait visite de façon régulière et le plus discrètement possible. Il lui apportait quelques vivres qui lui changeaient de son régime alimentaire ordinaire. Même si cette nourriture lui faisait du bien et qu'elle avait meilleure mine selon l'homme, elle savait qu'elle n'en avait plus pour longtemps.

Une nuit comme les autres, elle sentit que c'était le moment. Elle se mit en position pour l'aider à venir. L'homme était là, et l’assista du mieux qu'il pouvait. Ce fut douloureux. Elle eut l'impression que tout ce qu'elle avait enduré comme souffrances ces derniers mois se concentrèrent à ce moment précis. Son corps se déchira en deux en même temps qu'il donnait la vie. Elle sentait son esprit défaillir, mais le cri de l'homme lui affirmant qu'il voyait une tête la poussa à continuer. Elle continua à souffrir pour lui. Son corps n'en pouvait plus, mais sa volonté tenait bon. Son effort paya ; le reste du corps sortit. Son enfant était né.

L'homme cria de joie. Il prie le nouveau né soigneusement entre ses bras, et le présenta à sa mère. Celle-ci, le regard vide, mais doté encore d'une étincelle de vie, murmura avec ce qu'il lui restait d'énergie.

– Silam.

Et elle ferma ses yeux, pour toujours.


– Voilà, vous savez tout.

Silence complet. Personne n'avait interrompu Toklos durant son récit, et tout le monde encaissa le choc que fut son récit, plus ou moins facilement. Tout le monde avait le regard dans le vide, mais Dunkel lui demanda finalement.

– Si j'ai bien compris, tu as eu la garde de Silam. C'est exact ?

– C'est exact oui.

– Alors pourquoi a t-il grandi seul depuis tout ce temps ?

– Quand j'ai appris la vérité à Silam, il n'a pas supporté l'histoire de sa mère, et il s'est enfui. Il a le talent de sa mère pour se cacher, je ne l'ai pas revu une seule fois depuis qu'il est parti.

– Et en qu'est-ce qui nous prouve que ce que tu dis est vrai ?

– Il a dit la vérité.

Un petit homme se détacha du groupe d'hommes. C'était le plus jeune de la Cohorte, et il était blessé sur plusieurs parties du corps, mais Silam voulait défendre Toklos coûte que coûte.

– Silam ! S'exclama Toklos. Que fais-tu ici ! Tu devrais te reposer.

– Merci Toklos, mais ne t'inquiète pas pour moi. C'est toi qui a des problèmes là.

– Mais Silam... commença Toklos.

– Silam. Coupa Dunkel. Tu dis donc que tout ce qu'a dit Toklos est la vérité.

– Oui.

– L'admets-tu devant tous ces Telifan qui te regardent.

– Oui.

– Bien, mais cela ne règle pas tout... dit Dunkel avec une mine grave. Même si tu affirmes que Toklos dit bien la vérité, tu n'es pas en mesure de certifier toute son histoire comme tu étais encore un enfant. Et même si cette partie de l'histoire est effectivement vraie, il n'y a toujours aucune preuve qui innocente explicitement Toklos.

– Dunkel a raison. Conclut le Chef.

Sa prise de parole en fit blêmir certains, et ravit les autres. Dunkel avait raison, les éléments qu'il avait apporté sur l'histoire de Silam, et l'intervention de celui-ci, ne l'ont pas aidé. Toklos était toujours vu comme celui qui avait tué Shi et Itty.

– J'ai pris ma décision, dit le Chef.

Tout le monde tourna leurs regards vers lui et attendit son verdict. Le Chef regarda Toklos, pendant que celui-ci fixait le sol.

– Toklos, il semblerait que rien ne puisse approuver de façon irrévocable que tu sois bel et bien innocent.

Son début de déclaration suscita plus d'émotion parmi les Telifan que chez le principal concerné qui attendit sagement la fin.

– Mais les circonstances sont telles que rien ne prouve également que tu es bien le tueur. Je ne peux donc pas te condamner maintenant.

Soupirs de soulagement à côté, désapprobations discrètes de l'autre. Pendant ce temps, Toklos ne disait toujours rien. Alors que le Chef lui avait annoncé qu'il ne serait pas exécuté, on aurait dit qu'il était déjà mort.

– Mais en tant que principal suspect, tu resteras enchaîné à un pilier du relais toute la nuit.

– Bien. Dit-il, sans émotion

– Cette affaire est donc close pour cette nuit. A vous tous maintenant, j'ordonne l'extinction des feux générale ! La journée d'aujourd'hui fut dure, mais ce n'est qu'un avant goût de ce que nous réserve la suite de notre expédition.

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