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Spoilers du wiki

3ème Abordage

Allô maman ?

3 min de lecture · 709 mots

4ème Jour du Printemps, J-136 avant le retour à Clutée

Après avoir trouvé une maison près du centre et m'être bien installé, il fallait résoudre un autre problème pratique : mes cheveux. Ça faisait presque deux mois que je n'étais pas allé chez le coiffeur, et ça commençait à se voir méchamment.

Souhaitant découvrir un peu la ville, je ne pris pas la peine de chercher un coiffeur sur le GPS. En me baladant un peu, j'en trouverais forcément un sur le chemin.

Le hasard fit qu'après avoir traversé le parc Eliga et deux petites rues, je trouvai un magasin orange avec ''salon de coiffure'' écrit sur la devanture. Une jeune femme qui devait être un peu plus âgée que moi se trouvait à l'entrée.

– Excusez-moi, vous coiffez les hommes par ici ?

– Non mon amour. On est un salon de beauté pour femmes ici. Mais tu veux rentrer rapidement ?

– Euh... Oui.

C'était connu : les Açaiens étaient des personnes très chaleureuses de nature. Mais même en sachant que ''mon amour'' était utilisé ici sans sous-entendre une relation ou une attirance quelconque, l'entendre de la bouche d'une femme pour la première fois était quelque chose.

La coiffeuse me présenta son salon avec le sourire. J’acquiesçai à chacune de ses paroles, quand bien même je n'avais pas grand intérêt d'être ici. En réalité, je me demandais même quel intérêt elle avait elle d'inviter un jeune homme dans son centre.

– Et là, c'est tout nos outils pour refaire les ongles. C'est important la manucure pour une femme tu sais.

– Oui oui. Je vois ça. Ajoutai-je en désignant ses ongles. Elle avait dû passer du temps dessus.

Elle rit à la remarque. Bon point pour moi ça.

Après ça, elle me demanda d'où je venais. Elle connaissait la Clutée, et me demanda ce que je faisais ici à Jaratiba. Je lui dis donc que j'étais chercheur, et elle trouva ça intéressant sans développer davantage. Elle ajouta qu'elle ne venait pas de la ville de Jaratiba, mais qu'elle vivait en périphérie, dans la région des cinq mares. C'était une zone moins urbaine à une trentaine de minute de transport de Jaratiba, et avec de beaux paysages à visiter.

Comme elle me parlait toujours en souriant et qu'il y avait un début de feeling, je me décidai à me jeter à l'eau.

– Je vais y aller pour me couper les cheveux... Mais on peut échanger nos numéros si tu veux ?

– Oui bien sûr. répondit-elle toujours en souriant.

Elle prit mon téléphone pour écrire son numéro, puis me le rendit.

– Ok. Je vais mettre 'Carolayne ongles pointues' pour le nom de contact.

Ce n'était pas la blague du siècle, mais ce fut assez pour la faire rire de nouveau. C'était la première fois que j'utilisais ce genre de surnom pour le nom du contact. Mais je pensais déjà qu'il y avait du potentiel à répliquer le même procédé pour les prochains abordages débouchant sur une prise de numéro.

– Tchao Carolayne.

– Tchao amour.


C'était mon deuxième numéro. J'étais content.

Mais après le premier abordage qui avait conduit sur un échange de numéros sans déboucher sur quelque chose de concret, j'avais moins d'attentes sur ce que pouvait donner une discussion via téléphone. Juste voir où l'interaction pouvait nous mener était déjà suffisant. Ce fut donc avec cette idée en tête que j'écrivis le premier message.

Ylan

Hey Carolayne. C'était sympa cette discussion. J'aimerais bien visiter la région des cinq mares maintenant.

Carolayne

Hey Ylan. Vraiment ?

Ylan

Vraiment. Tu préfères quoi entre Jaratiba et la région des cinq mares ?

Carolayne

Jaratiba. Il y a plus de choses à faire haha.

Me disant que je n'avais pas grand chose à perdre, et que le week-end commençait demain, je tentai le tout pour le tout.

Ylan

On peut se voir demain si tu veux.

Carolayne

Demain je ne pourrais pas mon amour, je dois m'occuper de mes deux enfants ce jour là.

''Mes deux enfants''.

Ah.

Ça changeait tout, ça.


Leçons du jour :

– Tomber sur des filles qui font plus jeunes... mais qui sont déjà bien avancées dans la vie, c'est possible...

– Toujours garder en tête les différences culturelles. Par exemple, dire ''Mon amour'' peut-être dit légèrement, sans arrière-pensé.

– Ajouter un petit surnom au nom de contact de téléphone peut être un plus.

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