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Spoilers du wiki

25ème Abordage

Le mélange détonnant

3 min de lecture · 594 mots

39ème jour du Printemps, J-102 avant le retour à La Clutée

Ce matin, rien ne me prédisposait à aborder.

Mon réveil avait mal sonné. Allez savoir pourquoi. J'ai pris une douche de cinq minutes, je me suis habillé en quatrième vitesse, et j'ai quitté la cohabitation avec une banane dans la main en descendant le Parc Eliga en quatrième vitesse.

En arrivant dans le métro Place des Manguiers, j'étais déjà tout transpirant. C'était normal avec la chaleur du moment, mais la course de bon matin n'avait rien arrangé. Heureusement, un petit vestiaire à l'IEPA était laissé à disposition des employés pour se changer. Et mieux : le métro de Jaratiba était climatisé. Ce ne fut pas suffisant pour me sécher, mais au moins, j'étais un peu plus présentable.

Aussitôt la remarque formulée en entrant dans le métro arrivé à quai, mon regard se posa sur une fille qui devait être à peine plus âgée que moi. Bien sûr, elle avait du charme. Mais ce qui faisait sa particularité, c'était son style. Elle portait un tailleur et une veste laissant penser qu'elle travaillait dans un bureau, mais elle avait des lunettes de soleil et des sandales.

Très vite, les excuses fusèrent dans mon cerveau : je n'étais pas bien réveillé, j'étais encore transpirant, je risquais de me faire gauler par un collègue, je pouvais attendre une autre occasion avec une autre fille... Mais il y avait une excuse en particulier qui me ralentissait.

Pour moi, faire ça au métro... C'était inconcevable. Le métro était un endroit confiné, qui ne se prêtait pas forcément à la discussion même à Jaratiba. Et là, l'aborder ici et maintenant face à toutes les personnes présentes dans le métro n'était peut-être pas le plus confortable.

Une petite dose de stress monta en moi. C'était moi et moi-même ; cette quête de p était une quête personnelle. Si je ne prenais pas mon courage à deux mains, j'étais le seul juge de la situation. Il n'y avait pas de comptes à rendre à qui que ce soit.

Mais tout de même... Son style donnait un prétexte pour essayer sa chance. Je devais trouver une parade.

– Si elle descend à Cœur-ville, je vais lui parler.

La promesse faîte, j'attendis d'arriver à destination.

Tamoío...

Galapa...

Et finalement, Cœur-ville...

Les portes du métro s'ouvrirent. Elle prit la sortie. Mince.

Elle sortit à droite, et je devais sortir à gauche. Après avoir marqué un temps d'hésitation, je me mis sur le chemin de droite. Je montais les escaliers un à un aussi vite que je le pouvais, et j'arrivais finalement à rejoindre la surface. Elle était juste devant moi.

– Excuse-moi... Je dois aller au travail, mais j'adorais ton style. Je n'ai jamais vu quelqu'un partir au travail en sandales.

– Merci haah. Mais j'ai fini de travailler, je vais me coucher là.

– Ah oui ?

– Oui, je travaille de nuit dans un hôtel. répondit-elle en souriant.

– Pourtant, tu as l'air d'avoir plus d'énergie que moi maintenant.

C'était simple, mais ça suffisait à la faire rire.

– Je vais te laisser reposer pour aller travailler... mais on peut se revoir à un autre moment si tu veux.

– Désolé, je suis mariée depuis quelques jours.

– Ah, je vois, je comprends. répondis-je embarrassé, remarquant la présence d'une bague discrète à son annulaire gauche.

– Mais c'est très gentil et très courageux !

– Merci et... Au revoir... et bon repos !

– Merci ! Bon courage !

Je n'avais pas eu de numéro, et j'avais perdu un peu mes moyens vers la fin... Mais ça restait une belle victoire !


Leçon du jour

– Commenter le style de manière originale, c'est toujours efficace

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